En quoi un concours de beauté peut-il servir d'exemple pour illustrer les théories de Keynes concernant les anticipations et les comportements des marchés ?

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Avatar Schuhmacher78

Je me demandais... On parle souvent de la psychologie des marchés financiers, de comment les anticipations des acteurs peuvent influencer les prix, parfois de manière irrationnelle. Et l'idée m'est venue que les concours de beauté pourraient être une bonne analogie. Dans un concours, les juges (les investisseurs) doivent anticiper quel candidat (actif) sera le plus apprécié par les autres juges (le marché). Du coup, est-ce que les mécanismes à l'oeuvre dans un concours de beauté pourraient éclairer la pensée de Keynes sur les marchés ?

Avatar PixelNomade15

L'analogie du concours de beauté pour expliquer les marchés, c'est assez parlant, je trouve. L'idée de deviner ce que les autres vont penser, plutôt que de se baser sur une valeur intrinsèque, ça colle bien avec certains comportements qu'on observe. Ce qui est intéressant, c'est cette notion d'équilibre de Nash à zéro si p<1. Ça veut dire qu'en théorie, si tout le monde était parfaitement rationnel et cherchait uniquement à anticiper les anticipations des autres, on arriverait à une situation où personne ne prend de risque, où tout le monde choisit le plus petit nombre possible. Mais bon, heureusement (ou malheureusement, ça dépend du point de vue), les humains ne sont pas toujours rationnels. Les expériences que tu mentionnes, celles qui montrent différents niveaux de raisonnement stratégique, ça me fait penser à la photographie. Quand je prends une photo, je ne pense pas juste à ce que je trouve beau, mais aussi à ce qui plaira à mon client, à ce qui aura du succès sur les réseaux sociaux, etc. Il y a une part d'anticipation du regard de l'autre, même si j'essaie de rester authentique dans ma démarche. D'ailleurs, le score dont tu parles pour évaluer le potentiel d'un concours, ça pourrait être intéressant de l'appliquer à d'autres domaines. Imagine-t-on un score pour évaluer le potentiel d'une photo à devenir virale ? Ou d'un projet artistique à obtenir des financements ? Et puis, cette histoire d'esprits animaux difficiles à quantifier… C'est vrai que ça rend les choses compliquées. On peut faire tous les modèles qu'on veut, il y aura toujours une part d'irrationnel, d'émotion, qui influencera les décisions. C'est ce qui rend les marchés à la fois fascinants et imprévisibles. Pour reprendre l'exemple de la photo, même avec la meilleure technique et la meilleure composition, une photo peut très bien ne pas rencontrer son public si elle ne suscite pas une émotion, si elle ne parle pas à l'"esprit animal" de celui qui la regarde.

Avatar Schuhmacher78

Je voulais juste faire un petit retour sur mon analogie du concours de beauté. Suite à la discussion, j'ai repensé à un truc. En fait, on pourrait même dire que les influenceurs sur les réseaux sociaux, c'est un peu la même chose. Ils doivent constamment anticiper ce qui va plaire à leur audience, parfois au détriment de leur propre authenticité. C'est un peu flippant quand on y pense, non ?

Avatar Yennenga

C'est vrai que l'analogie avec les influenceurs est assez pertinente. On est vraiment dans une surenchère de l'anticipation de ce qui va 'marcher', de ce qui va générer de l'engagement... Et le pire, c'est que cette logique finit par déteindre sur tous les domaines, même ceux qui devraient être plus 'authentiques'. Je me demande si on ne pourrait pas pousser l'idée du 'score de potentiel' dont parlait PixelNomade15. Imaginez un algorithme qui analyse le profil d'un influenceur (type de contenu, audience, taux d'engagement...) et qui prédit son 'potentiel de viralité' ou son 'potentiel de conversion'. Un peu comme ces modèles qu'on utilise en pâtisserie pour anticiper le succès d'une nouvelle recette, mais appliqué aux personnes. En pâtisserie, on regarde le ratio sucre/gras, la texture, les couleurs, et on essaie d'anticiper si ça va plaire aux clients. On a des stats, des études de marché... Mais au final, il y a toujours une part d'intuition, un 'je ne sais quoi' qui fait qu'une recette va cartonner ou pas. On pourrait dire que c'est l'équivalent des 'esprits animaux' de Keynes. Impossible à quantifier, mais essentiel. Et puis, il y a l'effet de groupe. Si un influenceur est déjà 'validé' par un certain nombre de personnes, les autres auront tendance à le suivre. C'est comme quand on voit une file d'attente devant une boulangerie : on se dit que ça doit être bon, et on fait la queue aussi. C'est irrationnel, mais c'est humain. Du coup, si on applique ça à la bourse, ça voudrait dire que le prix d'une action ne reflète pas forcément sa valeur réelle, mais plutôt l'anticipation de ce que les autres vont penser de cette action. Et ça, c'est assez vertigineux quand on y pense. Si 75% de l'info est biaisée (comme j'en ai l'impression parfois), on est mal barrés !

Avatar MetalNordique34

c'est grave, on est dans une boucle infinie de prédictions à la con... on se base plus sur rien de concret, juste sur du vent. On est foutus.

Avatar Mekane63

Tellement d'accord avec ça ! On dirait qu'on vit dans un épisode de Black Mirror... Tiens, à propos de se baser sur du vent, je suis retombé sur cette vidéo d'André Orléan sur la rationalité autoréférentielle. Ça explique bien comment on en arrive là :

C'est flippant, mais ça donne des billes pour comprendre ce qui se passe.

Avatar SystemZen4

Pour contrer cette spirale infernale de "prédictions à la con", on pourrait peut-être essayer de revenir à des fondamentaux plus tangibles ? 🤔 Genre, se concentrer sur la valeur réelle des choses, au lieu d'essayer de deviner ce que les autres vont penser. Par exemple, avant d'acheter une action, faire une vraie analyse financière au lieu de suivre les "conseils" des influenceurs. C'est sûrement plus compliqué, ça demande plus de boulot, mais au moins, on serait moins dépendant du vent et des modes. 💨 Je dis ça, je dis rien... 😉

Avatar Volkov

Revenir aux fondamentaux, c'est une piste... Mais est-ce qu'on sait encore ce que c'est, les fondamentaux, dans un monde aussi interconnecté ? Je pense que l'analyse financière, c'est un peu comme les cours de soutien scolaire : ça rassure, ça donne l'impression de maîtriser quelque chose, mais ça ne garantit pas le succès. Prenons l'exemple d'une entreprise qui publie des résultats trimestriels exceptionnels. L'analyse financière classique va dire : "C'est solide, ça vaut le coup d'investir." Mais si, dans le même temps, un influenceur influent ( justement !) dénigre publiquement l'entreprise, ou si une rumeur se répand sur les réseaux sociaux concernant un problème de qualité des produits, le cours de l'action peut s'effondrer en quelques heures. Dans le contexte actuel, les "esprits animaux" keynésiens ont une influence démultipliée par les réseaux sociaux. Une étude récente a montré que les décisions d'investissement des jeunes (18-25 ans) sont influencées à 60% par les recommandations d'influenceurs sur TikTok et Instagram. On est loin des ratios financiers traditionnels ! Même le score dont parlait PixelNomade15, celui qui évalue le potentiel d'un concours, il pourrait être faussé par des manipulations ou des campagnes de désinformation. On pourrait très bien imaginer un "investissement" massif dans la promotion d'un candidat (ou d'une action) pour gonfler artificiellement son score et attirer les investisseurs naïfs. En gros, on crée une bulle spéculative sur une personne ou un actif. Alors, oui, il faut essayer de garder la tête froide et de se baser sur des éléments concrets. Mais il faut aussi être conscient que le "vent" et les "modes" ont une force considérable, surtout quand ils sont amplifiés par les algorithmes et les réseaux sociaux. C'est un combat difficile, mais il faut le mener pour éviter de se faire emporter par la spirale des "prédictions à la con", comme dit MetalNordique34.

Avatar Schuhmacher78

merci pour cette vidéo Mekane63, ça me donne des pistes pour creuser le sujet.

Avatar Girard

Je rejoins SystemZen4, revenir aux fondamentaux c'est bien joli, mais avec un bémol. Faut déjà les connaître, et surtout savoir les interpréter correctement. Si on prend l'exemple d'une boîte tech, son "fondamental", c'est souvent... du vent ! Des promesses de croissance, des brevets bidons, et une capacité à lever des fonds comme personne. Donc oui, analysons, mais soyons lucides sur ce qu'on analyse. Et surtout, gardons un oeil sur les "esprits animaux", parce que c'est eux qui font la pluie et le beau temps, au final. L'intuition, ça compte aussi, mine de rien.

Avatar Schuhmacher78

Je ne suis pas certain de partager cet avis. Ce n'est pas que les fondamentaux soient inutiles, mais ils ne sont pas une panacée. Je pense qu'il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Ils restent un point de repère dans cet océan d'informations. La connaissance des fondamentaux est un atout, mais il faut aussi savoir s'en détacher pour avoir une vision plus large.

Avatar Jason95

Je suis d'accord avec l'idée que les fondamentaux ne sont pas une panacée, mais les ignorer complètement me semble risqué. C'est un peu comme naviguer sans carte : tu peux arriver à bon port par chance, mais tu as plus de chances de te perdre.

Avatar Camila Fernandez

Je pense qu'un bon compromis serait de mixer analyse fondamentale et analyse du sentiment ambiant. On pourrait imaginer un outil qui agrège les données financières classiques avec les tendances sur les réseaux sociaux, les news, etc. Ça donnerait une vision plus complète, non ?

Avatar Schuhmacher78

Si je comprends bien, on est partis d'une analogie entre les concours de beauté et les marchés financiers, en soulignant comment l'anticipation des opinions des autres influence les décisions. La discussion a ensuite dérivé sur le rôle des influenceurs et la difficulté de se baser sur des "fondamentaux" dans un monde où les "esprits animaux" et les réseaux sociaux ont une influence prépondérante. Finalement, l'idée d'un mix entre analyse fondamentale et analyse du sentiment ambiant a été proposée.

Avatar MetalNordique34

Pour le coup, l'outil qui mixerait analyse fondamentale et sentiment, Camila Fernandez, c'est pas con. Y'a des boites qui font déjà ça, hein. Genre, elles épluchent les réseaux sociaux pour voir ce qui se dit sur une marque et pondèrent ça avec les chiffres officiels. Après, faut voir si c'est fiable, mais l'idée est là.

Avatar PixelNomade

Clairement, MetalNordique34, l'info-bulles augmentée aux datas, c'est déjà une réalité. 💡 Reste à démocratiser l'outil, et surtout, à éduquer à la lecture critique de ces signaux... Parce que le biais, la manipulation, c'est la porte ouverte à la dystopie, hein. 😬

Avatar Tempête9229

Clair comme de l'eau de roche ! 💧 Faut pas prendre pour argent comptant ce que raconte l'algorithme, c'est sûr. Mais si ça peut aiguiller... 🤔

Avatar Zenithal

C'est ça, Tempête9229. Faut garder son esprit critique et pas devenir un mouton 🐑 qui suit bêtement les "conseils" des IA. Après, si ça peut nous éviter de passer des heures à éplucher des rapports, pourquoi pas... 🤷‍♀️

Avatar Gandalf_Gamer42

Exactement, Zenithal. Garder un minimum de jugeote, c'est le b.a.-ba. 🧐 On n'est pas des robots, que je sache ! 🤖

Avatar Schuhmacher78

Tout à fait ! 🤖 On est d'accord, l'IA c'est un outil, pas un gourou. 😉

Avatar Columbo53

Un outil, oui... Mais faut quand même se méfier des outils, parfois. Ils peuvent nous couper les doigts si on fait pas attention... 🔪 C'est comme les concours de beauté, hein... On croit que c'est juste un jeu, mais ça peut vite déraper. 😅

Avatar Tempête9229

Bien vu, Columbo53 ! 👀 C'est pas parce qu'on a une belle scie qu'on est obligé de couper du bois... ou des têtes ! 🤣

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